Inde 🇮🇳 Pondichéry+Auroville

ArrivĂ©e bien mouvementĂ©e puisque je commence par rater mon avion d’entrĂ©e. Ça me semblait bizarre d’ĂŞtre convoquĂ© qu’une heure avant et c’est pas pour autant que j’ai prĂ©vu plus large, d’autant que j’ai calculĂ© 50 mn de taxi alors qu’il fallait compter une heure… DĂ©cide du coup de prendre le vol direct du soir avec la ThaĂŻ, ma carte bleue est refusĂ©e ? Veux retirer, idem ?? Bon ben plus qu’Ă  attendre le vol du soir de India oĂą je ne devrais payer qu’un supplĂ©ment, il me reste quelques bahts… J’essaie de choper mon conseiller Ă  la banque entre temps, sans succès, du coup j’embarque grâce Ă  20€ que je change in extremis. J’hallucine sur le temps que mettent les stewards, d’autant que je suis au centre de l’avion, c’est qu’en fait chacun se fait servir deux verres de whisky au lieu d’un! Allez, ne dĂ©rogeons pas Ă  la règle ma foi, et ils continuent encore Ă  gratter après ! Quelle rigolade, rire nerveux et bien fatiguĂ©e aussi. Changement donc Ă  New Delhi en pleine nuit, visa validĂ© sans problème, vol au petit matin pour Chennai, arrivĂ©e 9h, je change mon dernier billet de 100$ Ă  un taux bien bien bas, alors que la guĂ©rite aux taxi en fait un bien meilleur juste Ă  cĂ´tĂ©, comment deviner ?! Le taxi me dĂ©pose Ă  la gare routière, je monte dans un vieux bus Ă  moitiĂ© vide qui dĂ©marre tout de suite. ArrĂŞt au bout de deux heures et premier chaĂŻ (thĂ© aux lait aux Ă©pices massala). ArrivĂ©e PondichĂ©ry deux heures après et lĂ  l’enfer sur terre, mes deux adresses repĂ©rĂ©es sont fermĂ©s, les autres sont complets ou ont juste deux nuits Ă  me proposer, mais qu’est-ce que je suis venue faire dans cette galère ? Après avoir bien tournĂ© et bien suĂ© je me rabat sur l’hĂ´tel le moins cher pour deux nuits, super chambre, super hĂ´te, super plan de la ville. Une bonne douche et c’est repartie, retourne Ă  mes deux adresses, qui sont ouvertes, il faut juste forcer la porte. Le premier me propose deux nuits avec un trou Ă  NoĂ«l Ă  un prix très Ă©levĂ©, par contre il m’explique comment retirer Ă  un ATM, car ici tout est diffĂ©rent, les hĂ´tels ne sont pas des hĂ´tels mais des rooms et les hotels sont en fait des restaurants, ça ne m’a pas du tout handicapĂ© dans ma recherche… Ma deuxième adresse, Le rĂŞve bleu, peut me prendre qu’Ă  partir du 26 et Ă  500 roupies la nuit (6€50), chambre sans salle d’eau dans une maison tamoule vraiment sympathique, ok je prends, plus qu’Ă  trouver Ă  me loger les 23-24-25 (!) Tente de retirer Ă  un ATM et ça marche! Mazeltov, dĂ©jĂ  ça ! Essaie de m’incruster chez un contact d’une amie Ă  Paris, en fait ils n’arriveront Ă  PondichĂ©ry que le 8 janvier. Plus que Booking.com Ă  un tarif de ouf, pas le choix, je prends, extinction des feux Ă  20h30 et bonne nuit de douze heures pour rĂ©cupĂ©rer de toutes ces Ă©motions. Bien compris aussi que l’obtention d’une carte sim indienne Ă©tait compliquĂ©e, mon hĂ´te va me demerder ça illico presto (il faut ĂŞtre chapeautĂ©) en envoyant son employĂ© Ă  mes cĂ´tĂ©s et il faut dire que j’avais aussi les bons papiers (photo d’identitĂ© et photocopie du passeport). Tout s’arrange on dirait, je farniente et dĂ©cide d’aller repĂ©rer mon hĂ´tel du lendemain qu’en fin d’après-midi, et lĂ  grosse montĂ©e, je ne le trouverai jamais. AffamĂ©e, je me ferai mon premier boui boui vegi super bon et super pas cher. Me pointerai le lendemain en fin de matinĂ©e Ă  l’adresse indiquĂ©e et qui sera la bonne, un couple d’indiens que j’alpague est entrain d’y entrer. Comprendrai ensuite que Oyo (une chaĂ®ne) Home c’est des locations d’appartement entier chez des particuliers (d’oĂą zĂ©ro inscription) et Oyo Rooms c’est des chambres d’hĂ´tels dans des hĂ´tels (avec le panneau Oyo). Ils me font poireauter pour faire le mĂ©nage, endroit sordide et sans rĂ©seau, puis ils m’annonceront qu’ils ne peuvent pas me recevoir car je suis Ă©trangère ! Je reste Ă©trangement calme, j’avais senti tout ça depuis la veille et dis que je ne bougerai pas tant qu’ils ne m’auront pas trouvĂ© une autre chambre. Un indien parlant français et qui bosse dans l’immobilier se pointe… Bref finirai dans un appartement beaucoup mieux, avec un petit papi au premier qui m’invitera pour le dĂ®ner du soir avec sa cuisinière et me fera faire un tour de moto dans les embouteillages du samedi soir. NoĂ«l au resto tout les deux le lendemain, si les asiatiques mangent Ă  la vitesse V, les indiens c’est du W, il veut rentrer direct, moi je vais voir les Ă©glises illuminĂ©es, la faune dans la rue avec des bĂ©bĂ©s aux capuches de père NoĂ«l, le trafic de dingue oĂą la seule règle est le klaxon, Ă  chaque cul de camion c’est d’ailleurs bien spĂ©cifiĂ© « Sound Horn ». Trois nuits d’insomnies Ă  lutter avec les moustiques, heureusement les clochettes et le chant très beau d’une femme au Temple d’Ă  cĂ´tĂ© me distrairont de 4h Ă  6h. Du coup, je dormirai la journĂ©e ! Au rĂŞve bleu, je ne dormirai pas beaucoup mieux… PondichĂ©ry est une ville coupĂ©e en deux avec la white town (quartier monopolisĂ© par la communautĂ© Auroville et les français) et la black town. Un bord de mer sous exploitĂ© et du coup bien peuplĂ© par les indiens qui viennent s’y balader et s’y photographier. Et grâce aux vacances la ville va se vider et il sera bien plus agrĂ©able de s’y dĂ©placer mĂŞme si on trouve toujours des rues de traverse bien calment, comme la mienne. Me ferai le mausolĂ©e d’Aurobindo et La Mère avec ses fleurs et sa file de pèlerins silencieuse et disciplinĂ©e, ça fait tout bizarre. Me ferai une soirĂ©e danse et musique dans le mini théâtre de Raghunat Manet, petite leçon de vina (surtout ne pas dire sitar !) et aperçu de danses et mudras avec ses jeunes Ă©lèves toutes apprĂŞtĂ©es et ses moins jeunes, toutes aussi belles, vraiment sympa.

Et bien sĂ»r la visite d’Auroville, en trois temps. Premier temps, la visite en scooter avec une native toute jeune et bien dĂ©vouĂ©e qui m’expliquera le fonctionnement de la communautĂ©, son dĂ©sir de croĂ®tre encore et ses difficultĂ©s Ă  obtenir des terrains, et comment ils ont crĂ©Ă© toute cette vĂ©gĂ©tation sur une terre de sable. Verrai la salle de danse et yoga, l’Ă©cole d’art, une fabrique de fleurs sĂ©chĂ©es qui me fera penser aux cigares cubains avec ses femmes en Ă©quilibre sur des petites presses, la menuiserie, un des supermarchĂ©s avec les produits locaux vendu en vrac et la liste des habitants et leurs dĂ©comptes de chaque fin de mois bien visible, la clinique flambant neuve, les diffĂ©rentes habitations et immeubles en construction, les tous nouveaux vĂ©los Ă©lectriques et une ferme Ă©cologique. Tout est nickel, feng shui et vraiment très suisse. Et les portraits XXL de La Mère et Sri Aurobindo sont partout Ă  la Big Brother. Pour visiter le Mandradir, il faut s’inscrire avant, ce sera le 3 au matin puisque j’ai un bus de nuit le soir Ă  21h. J’irai entre temps Ă  la plage et un de ces resto italiens avec toute ma bande du jour de l’an : Christelle, l’hĂ´te belge, son mari français prof de maths au lycĂ©e français et leurs deux enfants; Hari, le voisin indien de nationalitĂ© française (au moment du retrait des français, ses parents ont optĂ© pour la nationalitĂ© française); mes voisins de chambrĂ©e, Tanguy, de Manosque, qui ne dĂ©colle plus depuis son arrivĂ©e il y a deux mois (!), Mano, un pondicherien mariĂ© Ă  une française venu visiter sa famille; deux jumelles de soixante ans de Tours avec leurs deux filles et le fiancĂ© de l’une d’elle et Jacqueline de Granville, soixante dix ans, qui rĂ©cupère une maison dans Auroville justement. Mer toute aussi chaude qu’en ThaĂŻlande et bien plus mouvementĂ©e, très beau sable Ă  la Corse. Et le clou du sĂ©jour reste la visite du Mandradir, donc cet endroit de mĂ©ditation et de recueillement des aurovilliens conçu d’après la vision de La Mère puisqu’elle est morte au moment du dĂ©but de la construction. L’extĂ©rieur est plutĂ´t rĂ©ussi avec cette Ă©norme boule aux panneaux dorĂ©s qui repose sur des rampes de briques rouges, le tout symbolisant un lotus, fleur emblème de l’Inde. Mais l’intĂ©rieur c’est Bienvenu Ă  Gattaca, comme La Mère ne voulait aucun signe religieux, tout est blanc et terriblement froid. On se suit en silence avec des chaussettes blanches sur des rampes Ă  la moquette crème, des aurovilliens sont postĂ©s comme des statues par ci par lĂ , une sorte de Guggenheim bien clinique, pour arriver Ă  la salle de « prière » aux huit piliers blancs et Ă  la boule de cristal centrale sur laquelle tombe le rayon divin qui est sur variateur et qui clignote par deux fois Ă  la fin des quinze minutes pour nous annoncer notre dĂ©part souhaitĂ©. Et oui, l’enfer est pavĂ© de bonnes intentions, c’est bien beau de vouloir une humanitĂ© vraie et unie mais le rĂ©sultat c’est une petite suisse propre en ordre au cĹ“ur froid. Contraste d’autant plus choquant, avec cette chaleur, ces couleurs, ces bruits et ses senteurs indiennes omniprĂ©sentes, juste Ă  cĂ´tĂ©.

2 Comments

  1. Super ton reportage AnaĂŻs…D’autant plus que je serai Ă  Auroville avec un groupe pour 1 semaine..,ensuite 3 semaines de cure aryuvedique dans un centre puis j’avais l’intention de passer un moment Ă  PondichĂ©ry….ton reportage arrive au bon moment…merci et bonne continuation..bisous

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